Le renouveau

Au moment d’écrire ces lignes, l’excitation inspirée par l’annonce de la nomination de Marc Bergevin au poste de vice-président exécutif et directeur-général de l’équipe s’est quelque peu calmée. À preuve qu’il manquait dramatiquement d’émotion autour de cette organisation lors des derniers mois, je n’avais pas (d’un point de vue strictement hockey) ressenti autant d’excitation depuis les 7e matchs disputés par nos favoris au cours des dernières années.

Quiconque affecté à la couverture des activités du Club de Hockey Canadien a semblé vouloir souligner l’ambiance rafraîchissante qui régnait au Complexe Sportif Bell le 2 mai dernier. Quelque chose s’est produit, quelque chose de spécial, non? On souhaitait, on anticipait un changement de philosophie et la concrétisation de ce virage a maintenant un visage, un nom.

CHOISIR SA «BELLE-MÈRE»

Un peu à l’instar d’un parti politique, le CH a ses omniprésentes «belles-mères». On pourrait croire que Geoff Molson avait l’embarras du choix mais d’un autre côté, il fallait un véritable changement de philosophie. Paradoxalement, il s’est tourné vers un vieux de la vieille, vers le dernier DG à avoir exaucé les prières des partisans et à avoir fourni une parade sur la main. Dans un discernement applaudi de tous, le chef de la haute direction a choisi une et une seule «belle-mère» en la personne de Serge Savard pour le guider dans une décision qui influencera directement l’avenir de son équipe.

Ce faisant, il en invitait certaines autres à quitter la table. En remerciant Pierre Gauthier, monsieur Molson mettait définitivement un terme aux années Bob Gainey et par extension aux années Pierre Boivin. La contribution de ce dernier est indéniable, c’est lui qui aura ramené, d’un point de vue marketing, le Canadien au goût du jour suite aux années amères de l’après-Roy.

Quant à Bob Gainey, l’apport et l’effort de celui-ci et de son padawan auront été louables; il faut leur donner le crédit du premier rang dans l’Est en 2007-2008 et de la finale d’association en 2009-2010. Or, ni l’un ni l’autre ne seront parvenus à bâtir sur ces succès et en faire quelque chose de constant, de durable.

Au cours des deux dernières années, nous avons vu un directeur-général réactif plutôt que visionnaire. Autant Pierre Gauthier m’est apparu comme un type qui savait ce qu’il faisait à ses débuts, autant cette confiance qu’il dégageait a par la suite donné naissance à l’impression d’un homme au-dessus de ses affaires. En fin de parcours, il semblait carrément hautain mais surtout, complètement dépassé.

De là la nécessité pour «belle-mère» Savard et Geoff Molson de choisir un tout nouveau chef de famille, du véritable sang neuf. Si Julien Brisebois a été pressenti, pour ne pas dire vendu comme étant le meilleur candidat possible pour occuper le poste, le fait qu’il aie été l’assistant de Bob Gainey a-t-il joué contre lui? Outre cela, monsieur Brisebois n’est pas nécessairement un homme de hockey. C’est un solide «capologist», un avocat qui connaît extrêmement bien l’actuelle convention collective, on a tous entendu ou lu les nombreux analyste vanter ses qualités à ce niveau, mais un homme qui est peut-être plus un administrateur qu’un visionnaire.

On a plutôt choisi de se tourner vers quelqu’un de complètement nouveau, qui n’a jamais été dans l’organisation montréalaise ni de près, ni de loin, mais un homme de hockey qui a joué un rôle somme toute important avec une organisation qui a remporté la Coupe il y a 2 ans à peine. On a choisi un type qui a visité presque tous les départements majeurs d’une organisation sportive, un gars qui a été dépisteur, entraîneur-adjoint, directeur du personnel des joueurs et bien sûr assistant au directeur général.

Geoff Molson ne le connaissait pas il y a 2 mois. Mais il a eu la modestie de reconnaître que son expertise hockey et son réseau n’étaient pas à point pour choisir son DG et il a fait confiance à sa «belle-mère». Serge Savard et lui semblent avoir fait un choix éclairé.

TOUT POUR PLAIRE

Tout nouveau, tout beau sont les mots qui d’emblée peuvent nous venir en tête lorsqu’on regarde et écoute les premiers contacts de Marc Bergevin avec les membres des médias et le public. On a surtout eu droit au comique, à l’émotif, à l’homme plutôt qu’au patron. Ce contraste criant d’avec l’ancien DG est d’ailleurs le fait majeur qui a insufflé cette ambiance rafraîchissante décrite le 2 mai dernier par les chroniqueurs, journalistes, reporters de tout acabit..

«L’embauche de Marc Bergevin est la première étape dans l’instauration d’une culture gagnante au sein de notre organisation.» C’est à peu près dans ces mots que Geoff Molson, le président, le propriétaire, mais celui qu’on sent aussi beaucoup comme le partisan, a entamé la conférence de presse au cours de laquelle lui et son nouvel employé ont dit toutes les bonnes petites choses que le peuple tricolorisé (amateurs comme analystes) voulait entendre, avait besoin d’entendre…

Le nouveau patron débarque avec d’une part le mandat d’améliorer l’équipe à court terme mais aussi d’apporter la stabilité et d’assurer le succès, une culture gagnante à long terme. Cela va sans dire que c’est le genre de propos avec lesquels chaque petite bête de la jungle montréalaise avait besoin d’être réconciliée, rassurée. Il semble d’ailleurs que Marc Bergevin soit l’homme tout désigné à ce niveau, lui qui n’a pas manqué de souligner le sensible fait francophone ainsi que la tradition sacrée et glorieuse de l’équipe…

Quelle façon pour Marc Bergevin de se faire apprécier de tous que de toucher la corde de la nostalgie et la fibre nationaliste en partageant sa fierté d’être revenu au Québec et en nous partageant ses souvenirs de « ti-cul », lui qui a «grandi en allant voir les parades».

DU PAIN SUR LA PLANCHE

Sympathique, boute-en-train, c’est du bonbon pour les journalistes et les partisans, un bonus en quelque sorte. Il ne faudrait toutefois pas que cela fasse ombrage à ses aptitudes de travail.

Bergevin est un patron qui va commander le respect, non pas par la crainte, mais par le leadership, lui qui se décrit lui-même comme un «people’s person». Il connaît la réalité des joueurs, lui qui a joué 1191 parties, toutes dans un rôle effacé, voire ingrat. Il était un défenseur  »râpeux », pas particulièrement violent, qui connaissait et acceptait son rôle. Il a bloqué des lancers, vidé le devant de son filet, donné des mises en échec, soutenu des jeunes, détendu l’ambiance dans les vestiaires, du bon «veteran’s stuff».

Geoff Molson nous a vanté ses qualités en ce qui a trait à la communication et ce, à tous les niveaux. Si on a déjà pu constater qu’il souhaitait déjà se montrer plus disponible et transparent face à la faune médiatique, c’est à l’intérieur même de l’organisation qu’il sera intéressant de tâter la différence. Elle sera certes difficile à palper pour le public, mais il semblerait que Bergevin priorise l’approche par équipe.

On peut donc supposer que la communication entre l’entraîneur et le DG sera ouverte, que celui-ci sera en lien constant avec ses adjoints et ses directeurs du recrutement, développement et du personnel, etc? On ne doit donc pas s’attendre à un « one man show » en ce qui concerne la gestion de l’équipe. Au moment d’écrire ces lignes, le patron a reconfirmé Larry Carrière dans ses fonctions et ajouté Rick Dudley comme adjoint.

Si son prédécesseur s’est fait affublé du surnom de « Ghost » en raison de son omniprésence au sein de toutes les sphères de l’organisation, Marc Bergevin semble un patron qui favorise le leadership sur le contrôle. Évidemment, il faut un savant dosage entre les deux et même si la formule de Bergevin ne devait pas être parfaite, elle sera probablement moins fade que l’ancienne.

Ainsi, si chaque personne est placé au bon endroit et qu’elle travaille en confiance, on parviendra possiblement à optimiser le boulot à accomplir. Trevor Timmins demeure au recrutement et au développement, envers et contre tous, mais il sera épaulé différemment. D’ailleurs, est-il possible que l’on restructure ces domaines? Pourrait-t-on attitrer Timmins plus spécifiquement à la direction du « scouting » et confier la direction du développement à un pair avec qui il travaillerait de concert? D’une manière ou d’une autre, peu importe la façon dont Bergevin évaluera et réorganisera potentiellement ces secteurs, il y a du travail à faire…

À ce chapitre, on peut supposer que plusieurs ont sursauté lors de la première conférence de presse de Bergevin, lorsqu’il a abordé le facteur francophone. Pouvez-vous croire qu’il n’y avait qu’un seul dépisteur pour couvrir la cour arrière de l’organisation? Une seule personne pour observer, évaluer le talent québécois? «Il va y en avoir plus, en tout cas» nous a-t-il dit. You bet, batinsse! Ce faisant, il se met une certaine pression, mais ce qu’il a surtout souligné, c’est qu’il ne voulait plus que l’organisation échappe le prochain Claude Giroux ou le prochain Kris Letang, par exemple.

Et la communication avec les joueurs, elle? Normalement, c’est un rôle qui revient principalement à l’entraîneur et il semble que Marc Bergevin croit en l’importance que chacun soit à sa place, chacun dans un rôle où il est possible d’en obtenir le maximum. Donc, Marc Bergevin n’ira pas s’immiscer dans le vestiaire, sachant très bien qu’il y règne un équilibre chimique précaire et que c’est le boulot de l’entraîneur de le gérer…

Oui mais… ça va être qui l’coach? Patience, cette question devrait être réglée d’ici 3 semaines, probablement moins, même. Il serait tout de même préférable, souhaitable que ce soit réglé avant le repêchage amateur. Le Grand Patrick (était) est l’homme de Geoff Molson, selon les apparences, mais le prochain entraîneur-chef sera l’homme de Marc Bergevin, bien que… peut-on espérer que ce soit le même?

Le choix de cet entraîneur est la pierre angulaire de l’identité que donnera Marc Bergevin à l’équipe. La stabilité de cette identité passera par le capitaine du navire (le DG) et son navigateur (l’entraîneur). Ce peut prendre un certain temps avant de récolter des dividendes satisfaisants, mais il est important d’implanter une culture à long terme, une vision dosée des succès immédiats versus la construction de l’avenir.

Cette identité, quelle sera-t-elle? D’entrée de jeu, Bergevin doit travailler avec les éléments qui lui sont légués. Certains peuvent être handicapants, mais il y a une base très intéressante avec laquelle façonner une équipe le plus près possible de sa vision.

Lors de son baptême de la presse montréalaise, M. Bergevin nous a parlé de l’importance de monter une équipe qui est un «mix of everything, que chacun amène quelque chose à la table, que ce soit un concept d’équipe, l’équipe d’abord». On distingue donc deux choses. Premièrement, on doit compter sur des éléments différents et complémentaires et ces éléments, en tant qu’individus ne passent pas avant le collectif. Pas de grande surprise là.

Dans l’établissement de l’identité de son équipe, le DG a mentionné qu’il y avait une base déjà en place. On peut présumer qu’il faisait référence à Carey Price, PK Subban, Max Pacioretty, David Desharnais, Erik Cole et Tomas Plekanec? Y aura-t-il véritablement des intouchables?

Une chose est sûre c’est que lui, Marc Bergevin, sera un intouchable pour Geoff Molson. Sinon, à quoi bon avoir donné ce coup de barre si on devait changer à nouveau le cap dans 2 ou 3 ans? Avant que débute, souhaitons-le, une ère de stabilité, réjouissons-nous du renouveau et soyons patients en se disant que de toute façon, on ne peut pas descendre plus bas que 15e. Il y aura reconstruction, mais elle sera relativement rapide.

Les prochaines étapes : le choix de l’entraîneur-chef, puis le repêchage amateur. C’est quand même excitant, non, à défaut d’être en finale de la Coupe Stanley face aux Kings, comme en 1993?

Afin de terminer sur une note légère, et comme le nouveau DG aime bien rire dit-on, on va lui faire un petit clin d’oeil. Voici parmi les premières images qui me sont venus en tête lorsque j’ai repensé à mes souvenirs de Marc Bergevin, le joueur… Vous savez, le genre d’affaire qui vous suit toute votre carrière..?

Publié dans Printemps / Été 2012 | 1 commentaire

Avant le renouveau : L’art de se planter.

Une nouvelle ère débute pour nous, partisans du Club de Hockey Canadien, tout comme pour, souhaitons-le, cet espace virtuel. Aujourd’hui, la nomination attendue (c’est peu dire) du nouveau directeur-général amène un vent de renouveau certes plus rafraîchissant que les annuelles odeurs de purin d’épendage venues du  »sud » qui sévissent sur Lévis ces jours-ci..!

Ce n’est pas tant par manque d’intérêt envers les activités du Club que, toute la saison durant, le présent rédacteur n’a pondu aucune ligne que ce soit. Il s’est plutôt opérée une désillusion aride quant aux résultats sur la glace et à l’agonie d’un DG se creusant un trou vers la sortie qui aura sapé toute motivation à écrire sur une saison de misère.

Il n’en demeure pas moins que j’aurai suivi notre équipe tout au long de son chemin de croix. Les matchs ratés se sont comptés sur les doigts de la main, si ça se trouve. Ce fût pénible, mais on s’en sort, on vient de changer l’ampoule de la lumière au bout du tunnel.

Avant donc que ne soient livrées les premières impressions de l’auteur de ce blogue sur le nouveau capitaine du paquebot tricolore, il fera acte de modestie et d’auto-dérision en revenant sur les belles espérances qu’il s’était hasardé à soulever en septembre dernier dans un élan de positivisme frisant la psychopathologie. Évidemment, la plupart se sont avérées être tout à fait «à côté de la track»… L’art de se planter.

Selon les prédictions hasardeuses effectuées en septembre :

-I- SCOTT GOMEZ ALLAIT REBONDIR ET CONNAÎTRE UN BONNE SAISON…
Comme écrirait un ado dans un texto : LOL. Peut-on dire que j’ai osé me mouiller? Tant et tellement que j’en suis encore tout trempé! Peut-être suis-je trop bonasse, mais j’y croyais vraiment. Évidemment, j’avais gonflé les chiffres réellement escomptés, ne serait-ce que pour le sensationnalisme…

-II- LE GENOU D’ANDREÏ DEVAIT TENIR LE COUP.
Bon, on peut dire qu’il a tenu, quand, 4 mois plus tard que prévu, Andreï Markov a fini par revenir au jeu… Il n’en demeure pas moins que le total de 13 petits matchs joués par le défenseur est ridiculement en deçà de la prédiction hasardeuse faite ici en septembre…

-III- EMELIN ALLAIT FRAPPER FORT.
Sur celle-là, on en aura eu pour notre bonheur. Force est d’admettre toutefois qu’il s’agissait clairement de la prédiction la moins risquée de faire.

-IV- LE CANADIEN DEVAIT COMPTER SUR 5 MARQUEURS DE 20 BUTS.
Oui, Cole l’a fait, mais sur les 4 autres joueurs potentiels identifiés pour le faire, deux d’entre eux (Cammalleri et Kostitsyn) ont terminé la saison dans l’Ouest et un troisième (Gionta) a raté 50 matchs. C’est tout dire. Plekanec aurait dû, ou en fait auraît pu. Dans son cas, n’y voyons pas un manque de bonne volonté ou de capacité, lui qui a été le centre d’expériences (au pluriel, tsé veut dire) plus souvent qu’autrement.

En corollaire de cette prédiction, Max Pacioretty avait été identifié comme le joueur vers qui on allait devoir se tourner si l’un ou l’autre des cinq joueurs précédemment cités étaient pour se blesser et/ou connaître des difficultés. On aura pas tout perdu…

PIERRE GAUTHIER

Et monsieur Gauthier, dans tout ça? C’est à croire que l’ancien patron s’était imaginé des scénarios similaires à ceux de celui qui avait écrit ces ambitieux augures! Or, l’homme de hockey, c’est lui. Celui qui sévit ici sur le web n’est qu’un amateur, qui a soutenu Pierre Gauthier jusqu’en décembre, où son départ éventuel ne faisait plus de doute, devenant même une nécessité. Évidemment, si tous ces présages risqués en étaient venus qu’à se concrétiser, l’histoire eût été toute autre…

La vision limitée de monsieur Gauthier aura été mise en lumière particulièrement par la lente réhabilitation du genou d’Andreï, ce à quoi l’ancien dirigeant n’a trouvé qu’un seule réponse : Kaberle…

Puis…

Parce que Mike Cammalleri connaissait un mauvaise (disons-le, exécrable) saison, doublée du fait qu’il a verbalisé sa passion exacerbée par une écoeurite aigüe de perdre en des propos rapportés en «pelleteux de merde», on l’a expédié en Alberta en retour de l’un de ces fameux «gros bonhomme». Même si Cammalleri avait dit-on très mauvais caractère, reste que René Bourque n’en aura jamais le quart, de ce caractère. Pour le reste, faut-il vraiment comparer les habiletés? Un grinder costaud, mais lent, pas trop de coeur, ou un petit ‘naturel’ à bout de nerds à force de se chercher?

Souhaitons seulement que d’ici quelques saisons, l’éventuel choix de 2e ronde en 2013 et l’espoir Patrick Holland, reçus dans cette transaction, viendront mettre un petit baume sur la plaie…

Pour l’heure, c’est maintenant l’an-1 d’une nouvelle ère, une ère qui portera dans les premiers temps les traces des dernières années, mais on ne peut nier la brise d’optimisme qui se lève.

Publié dans Printemps / Été 2012 | 1 commentaire

Prédictions hasardeuses -IV-

LE CANADIEN COMPTERA SUR 5 MARQUEURS DE 20 BUTS

Faute d’avoir dans l’alignement un joueur de 45-50 buts de la trempe des Steven Stamkos ou Corey Perry, le CH pourrait compenser ce luxe par une certaine profondeur, un étalage de capacité offensive sur l’ensemble de ses unités.

À titre comparatif, la saison dernière, c’est 6 équipes qui pouvaient se targuer d’avoir une telle profondeur : les Flyers (7), les Kings, les Sharks et les Blues (6), les Islanders (!) et les Rangers (5) ont été les formations avec le plus de marqueurs de 20 buts.

Évidemment, pour l’édition 2011-2012 du tricolore, c’est toujours dans l’éventualité où tout un chacun demeure en santé, que l’avantage numérique fonctionne assez bien, mais surtout, que l’équipe marque plus de buts à cinq contre cinq.

À cet effet, monsieur Gauthier a acquis Erik Cole, qui figurera justement parmi ces compteurs de 20 buts, lui qui d’ailleurs en a marqué 26 l’an dernier, dont 22 à forces égales. Cette bête noire qui nous a tant fait «damner» est maintenant dans notre camp.

Sinon, qui seront les quatre autres?

Mike Cammalleri se doit d’en faire une formalité saison après saison. Même son de cloche du côté de Brian Gionta. En fait, dans leurs cas, les objectifs pourraient être fixés à 35 et 30 respectivement. Why not, peanut?

Tomas Plekanec, même s’il porte toutes les responsabilités imaginables au sein de cette équipe, l’a fait au cours des 5 dernières saisons, avec un sommet de 29 l’année où le CH avait terminé premier dans l’Est.

Et finalement, le Biélorusse. On va s’y attarder.

Andreï Kostitsyn en est tellement capable. Peu importe le centre qui joue avec lui, il peut le faire, encore faudrait-il qu’il en soit conscient… et confiant! Andreï doit comprendre ceci: il a absolument tous les outils pour que le coach l’apprécie. C’est une question d’attitude, pas d’aptitudes.

Plutôt que de se dire que son rendement dépend de ses compagnons de trio, il pourrait se faire la force motrice de son unité, surtout que d’une manière ou d’une autre, il évoluera avec un centre de talent.

Il ne se retrouvera pas dans la «doghouse» de l’entraîneur s’il se montre travaillant dans le système. Ce faisant, il aura du temps de glace de qualité, il sera plus positif, plus heureux, donc sera plus motivé à travailler… La roue qui tourne, bref.

ET SI…

Et si on en ajoutait deux autres?

Max Pacioretty nous a laissé miroiter un beau potentiel d’attaquant de puissance avant l’attentat contre sa personne. Il affirme (et l’entourage de l’équipe le confirme) être de retour en pleine possession de ses moyens.

En fait, si l’un des cinq joueurs précédemment cités devait tomber au combat ou connaître des difficultés, c’est vers Max Pac qu’on devrait se tourner pour marquer des buts.

Et pourquoi pas PK? Il a la «garnotte», il a le flair. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agirait littéralement d’un exploit digne de l’élite des défenseurs offensifs de la ligue. Mike Green, Shea Weber et Sheldon Souray l’avaient fait il y a trois ans. Aucun n’avait atteint le plateau il y a deux ans et la saison dernière, seul Dustin Byfuglien l’a fait…

Sous Jacques Martin, je serais surpris de voir PK y parvenir, parce qu’on lui demandera de prioriser un jeu responsable, de polir son jeu défensif avant de s’exciter en attaque. De cette manière, Subban deviendra bien meilleur avec le temps, beaucoup plus complet, à des années-lumières devant un Souray…

UNE PREMIÈRE DEPUIS 2006-2007

Bref, si cette prédiction devait se concrétiser, ce serait la première fois en 5 ans. Cette année-là, un certain Micheal Ryder en avait marqué 30. Les autres étaient Sheldon Souray (26), Saku Koivu (22), Chris Higgins (22) et Tomas Plekanec (20)…

Talent pour talent, le CH n’est-il pas mieux nanti en 2011 qu’en 2006? Poser la question, c’est y répondre…

Publié dans Pré-saison 2011-2012 | 2 commentaires

Prédictions hasardeuses -III-

ALEXEI EMELIN VA BLESSER QUELQU’UN…

Loin de moi l’idée de me faire un apôtre de la violence et des coups vicieux, qu’on se le tienne pour dit. Un mal pour un bien, peut-être, mais le Canadien comptera cette saison sur un défenseur méchant, un gars qui «mord».

Vous vous souvenez de Darius Kasparaitis? On dit qu’Emelin lui ressemble à l’occasion, probablement à cause de mises en échec de ce genre

Même si, mentoré par Markov et Gill et encadré par le personnel d’entraîneurs, on cherchera à développer son positionnement, sa patience et sa vigilance défensive, Emelin a cette tendance à chercher le gros «hit». C’est dans sa nature.

Et quand on frappe de cette façon, ça peut être douloureux, voire dangereux. Il ne serait donc pas vraiment suprenant de voir le russe écoper d’une suspension pour une mise en échec douteuse… qui aura blessé quelqu’un, malheureusement.

Pour commencer, toutefois, il faudra traverser toutes les coupures et se tailler un poste parmi les sept défenseurs du grand club. Si ça n’était pas le cas, une clause de son contrat lui permettrait de retourner en KHL, ce qui serait somme toute dommage.

Publié dans Pré-saison 2011-2012 | 3 commentaires

Prédicitions hasardeuses -II-

LE GENOU TIENDRA LE COUP
Andreï Markov jouera plus de 70 matchs.

Ce sera une première en 3 saisons, lui qui n’a joué que 52 matchs au total (64 si on inclue les séries) au cours des deux dernières campagnes. Certains auront probablement même oublié à quel point il est bon et important au sein de cette équipe.

Ni plus, ni moins, Andreï Markov est parmi les 10 meilleurs défenseurs de cette ligue. Au cours de sa dernière saison complète, il a accumulé 64 points, ce qui est énorme. À titre indicatif, cette production l’aurait placé bon 2e parmi tous les défenseurs l’an dernier.

Mais comme on le sait, c’est la polyvalence d’Andreï Markov qui en fait un élément aussi important. Son positionnement est parfait, dans toutes les phases du jeu. Défensivement, il est physiquement plus fort qu’il ne le semble, même si ce n’est d’emblée pas un grand cogneur. Essentiellement, l’idée est de prendre le disque et de relancer l’attaque et ça, Markov en est un maître, que ce soit via une passe ou bien transport de la rondelle.

Je me permettrais d’avancer que le retour d’Andreï avait peut-être été précipité en novembre dernier. Ça ou bien la guigne avait décidé de s’acharner sur le russe; deux fois le même genou… Mais comme nous sommes en 2011, ça m’inquiète moins, considérant la médecine moderne.

En fait, cette prédiction n’est sans doute pas si «hasardeuse». J’ose avoir confiance en ce qui est peut-être (dit-on) le plus reconnu des chirurgiens orthopédiques au monde. En fait, comment ne pas avoir une confiance absolue en le Dr James Andrews? On parle DU spécialiste, un type qui a effectué quelques 40 000 chirurgies arthroscopiques aux genous, coudes et épaules, 20%-25% d’entre elles étant sur des athlètes professionnels ou universitaires, dont Micheal Jordan, Roger Clemens, Drew Brees…

Il est la référence pour plusieurs physiothérapeutes sportifs en Amérique du Nord, le suivi sera irréprochable. Le genou sera rétabli, complètement, parce que le temps de réhabilitation aura été optimal.

ET POURQUOI PAS LE «WIZ»?

«Ouin, pourquoi pas avoir signé James Wisniewski à ‘place?»
Plus jeune de 6 ans, avec un tir-cannon qui nous a rappellé les Souray, Bergeron de ce monde, Wisniewski est, soyons honnêtes, offensivement plaisant.

Sauf que…
Dans sa zone, Wisniewski est tout croche, même pas l’ombre d’Andreï. Qui plus est, qui, souhaitant le favoriser à Markov dans la valse des signatures, s’est informé de son genou à lui..? Wisniewski en a subi trois, des opérations à un genou. Pourtant, on s’inquiétait plus de la soi-disant fragilité de Markov?

Aussi, un vétéran russe pour parrainer le nouveau-venu Emelin, ce n’est pas à négliger. Un vétéran russe constant, responsable et engagé sur la glace tout en étant tranquille en-dehors de celle-ci, qui ne recherche pas les projecteurs malgré le fait qu’il soit le meilleur joueur de l’équipe, c’est tout un plus.

Tout compte fait, pour un salaire similaire, Wisniewski n’est même pas proche de notre #79.

ET POURQUOI PAS LES DEUX?
Sérieusement?
Un gars de 26 ans comme Wisniewski voulait à juste titre un contrat de cinq ou six ans. Or, d’ici deux ans, un certain Pernell Karl devra être lui aussi être mis sous contrat, et il vaudra son pesant d’or, non?

Avec Subban et Markov, l’aspect offensif du «six pack» de la ligne bleue est assuré, soutenu à l’occasion par Yannick Weber sur l’avantage numérique.

Il fallait donc pour le reste s’assurer de retenir Gorges, un leader et un essentiel de la brigade et du désavantage numérique ainsi que le vétéran Gill, surtout dans l’optique où on perdait le sous-estimé Hamrlik.

Bref, Markov sera présent. Et superbement bon. Il aura eu suffisamment le temps de réhabiliter son genou à 100% et peut-être même aussi de s’adonner à quelque rituel de sorcellerie pour conjurer la «maudite bad-luck».

Publié dans Pré-saison 2011-2012 | 1 commentaire

En attendant les camps : Prédictions hasardeuses -I-

Alors que ces jours-ci entrent en kiosque une panoplie de publications annuelles du hockey, guide de poolers et autres revues prophètes d’une saison à venir, pourquoi ne pas y aller d’une petite série de billets sans prétention et de se risquer à quelques prédictions hasardeuses, histoire de se laisser glisser lentement mais sûrement vers septembre et les camps d’entraînement.

Nous débuterons comme il se doit avec le Canadien, mais nous promènerons aussi un peu partout dans la LNH. Évidemment, comme le but de cet exercice en est un davantage ludique qu’analytique, il importera d’aborder les différents points avancés comme étant à tout le moins (et de bonne foi) possibles, même s’ils pourraient paraître improbables à prime abord. De ce prémisce, à tout seigneur tout honneur…

SCOTT GOMEZ VA REBONDIR ET CONNAÎTRE UNE BONNE SAISON

Après les déboires connus au cours de la dernière saison et son «vibrant» mea culpa au terme de celle-ci, notre fier ami Scott ne peut faire autrement que de rebondir et tout tenter pour nous montrer sa valeur. Évidemment, cette dite valeur ne peut plus être mesurée à l’échelle de son New-Yorkesque, que dis-je, Satheresque contrat. Gomez ne répètera pas l’anomalie des 84 points de 2005-2006 qui avaient excités le Glen de la Grosse Pomme au point de lui consentir un contrat de 51,5M$ un an plus tard; ne poussons pas le «hasardeux» dans le n’importe quoi non plus…

Non, mais…
Scott Gomez fournira 45 passes au cours de la prochaine saison.

Il profitera de l’arrivée d’Erik Cole et/ou d’une présence régulière de Max Pacioretty au sein de la formation. D’une manière ou d’une autre, il aura plus souvent qu’autrement l’un de ces deux gaillards à ses côtés. Que cela plaise ou non à ses détracteurs, il pivotera le deuxième trio pour amorcer la campagne.

Rien qu’avec ses 45 passes, il dépassera son total (38) de points de l’an dernier. Il ne marquera pas beaucoup plus de buts qu’il ne l’a fait parce qu’il n’est tout simplement pas un marqueur, mais un fabricant de jeu, un joueur dont l’habileté première est de transporter la rondelle en zone neutre jusqu’en territoire adverse. Scott Gomez retrouvera ses moyens, ce qui implique qu’il retrouvera son oeil pour repérer un coéquipier devant le filet et lui servir une «belle ‘tite passe».

Scott Gomez n’appartient pas à l’élite, mais demeure un joueur qui a besoin d’un peu de magie, d’opérer une chimie en compagnie d’un équipier comme ce fût déjà le cas avec Brian Gionta. N’est-il pas permis de penser qu’il pourrait retrouver celle-ci avec ce dernier ou d’en développer une nouvelle avec Cole ou Pacioretty, avec qui l’expérience n’a pas encore été menée sur une longue durée?

À tout le moins, le latino d’Alaska les aura, ses occasions de rebondir. L’organisation les lui fournira, n’en déplaise à ceux qui le conspuent. Pierre Gauthier ne l’enverra pas dans la LAH, oubliez une situation à la Wade Redden. Geoff Molson préfère dépenser les millions à Montréal plutôt qu’à Hamilton, ce qui m’apparaît assez légitime…

Le rachat de son contrat n’a jamais été une option, réglons cette idée une fois pour toute.

La formule est quelque peu complexe, mais dans les faits, c’est 11,667M$ que l’organisation aurait eu à débourser sur 6 ans et surtout à comptabiliser sur sa masse salariale jusqu’en 2017 à tout près de 2M$ par saison. Aucune équipe de la LNH ne veut se permettre cela, sauf peut-être les Islanders qui l’ont fait dans le cas d’Alexei Yashin et qui paient encore pour ça… (source : CapGeek.com)

Toujours est-il que de toute façon, monsieur Gomez va connaître une bonne saison.

Publié dans Pré-saison 2011-2012 | 2 commentaires

Il s’en est fallu de peu.

Il y a être éliminé et il y a la manière d’être éliminé.
Le CH a été résilient, le CH a été noble, le CH a été digne.

Quelle fin!

Le bilan se fera plus tard.
Les perspectives d’avenir, évaluées plus tard.

Pour l’instant, le hockey des Séries se poursuit. On a d’ailleurs droit à quatre confrontations dignes d’intérêt qui inspireront possiblement les prochains billets.

Publié dans Saison 2010-2011 | Laisser un commentaire