Boston en 6? Ce à quoi on peut s’attarder pour croire que ça pourrait ne pas arriver.

Nous y voilà, envers et contre tous. À prime abord, le simple fait d’être invité au grand «square dance» du printemps est pour certains observateurs une quasi-anomalie, une belle surprise en soi. Plusieurs ne les voyaient même pas là, même pas 8e. 6e, c’est déjà ça. Mais on veut plus que ça, on vaut plus que ça même si Ils ne s’y attendait pas.

Pour y aller d’un prédiction pas trop risquée et parce que tout va pas toujours comme on le souhaite, disons que Boston en six matchs.serait la prédiction conservatrice et purement rationnelle par excellence. Toutefois, on disait à peu près la même chose l’an dernier face à Washington.

Si tout se déroule vraiment bien, maintenant, history could be remade…

Le Canadien peut-il vraiment répéter ses exploits de l’an dernier? Le CH est-il une meilleure équipe que l’an dernier? Le Canadien est-il prêt? À la volée, répondons oui et validons ou si vous préférez, «kossé ça prend», qu’est-ce qui peut alimenter notre Foi.

LE CH PEUT-IL RÉPÉTER SES EXPLOITS?

Parce qu’on a le ponpon juste assez calme, on va si vous le permettez commencer par se concentrer sur la première ronde…

Les Capitals de l’an dernier représentaient peut-être pour le tricolore un moins grand défi que le seront les Bruins cette saison. Le CH, on le sait, peut rivaliser avec n’importe qui dans un match «de patins» et peut surprendre les équipes qui pratiquent un style ouvert. Qui plus est, c’est une équipe qui fera payer très cher un adversaire qui serait «sloppy» défensivement.

Donc, pour que le Canadien connaisse un long parcours, à commencer par les Bruins, il devra exceller dans ce qu’il sait bien faire. Le Canadien devra frustrer son adversaire en fermant le jeu. Il devra être opportuniste; marquer des buts sur l’avantage numérique et sur des contre-attaques, des surnombres.

Pour valser longtemps, le grand chorégraphe pourrait très bien être Carey Price, à l’instar de Jaroslav Halak le printemps dernier. Ce que dernier a fait l’an dernier, ça tient de l’exceptionnel, «stuff that miracles are made of…» diraient les païens. Les miracles, on va laisser ça au bon dieu…

Sans rien enlever à monsieur Halak, qui a réalisé des bijoux, beaucoup d’Incroyables, Renversants, Suuuperbes bijoux, le système défensif de Jacques Martin a contribué à plusieurs de ses victoires. Halak pouvait, pour chaque arrêt complètement cinglé au cours d’un match, en faire 10-15 faciles sur des tirs provenant de la périphérie, parce que le système et le corps défensif avaient bien fait leur besogne.

Carey Price est, de par son gabarit, sa technique et surtout son positionnement voire sa prestance, un gardien qui sera moins peut-être moins spectaculaire mais tout aussi efficace.

Donc, si au cours d’un match le CH peut être opportuniste tôt et prendre une avance d’un ou deux buts, il devient très difficile de le battre. Et si ça se produit au cours d’un des deux premiers matchs de la série, et bien tout devient possible et légitimement réalisable, puisque la réputation du Centre Bell n’est plus à faire : c’est difficile de gagner dans le «phone booth».

LE CH EST-IL UNE MEILLEURE FORMATION QUE L’AN DERNIER?

Le noyau est sensiblement le même, moins Gorges et Markov. À titre de compensation, Subban est bien, bien meilleur qu’il ne l’était à pareille date en 2010. Si ça se trouve, il est plus «fait pour les Séries» que Markov, bien que celui-ci lui soit encore supérieur, il ne faudrait pas exagérer non plus. Brent Sopel, bien que plus lent et moins efficace en sortie de zone, peut quant à lui défensivement combler l’absence de Josh Gorges, plus l’expérience de la Coupe pas plus tard que l’an dernier.

On aura pas à faire un grand exposé pour démontrer que James Wisniewski est supérieur à Marc-André Bergeron. Même si le «Wizard of Oz» se transforme parfois en «Cheese Whiz», il reste que son jeu comporte beaucoup plus de facettes qu’une «garnotte» de la pointe, ce qui était le pain, le beurre, l’argent du beurre et la bergère de Bergeron.

L’an dernier, Ryan O’Byrne avait joué 13 matchs. On l’a peut-être déjà oublié et si ce n’est pas fait, Paul Mara (qui était blessé) va le faire. Plus méchant, plus expérimenté.

Du côté des attaquants, réglons tout de suite quelque chose. Gomez va se présenter, qu’on l’aime ou qu’on l’aime pas. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’il compte des buts, ceux qui vous pisse dans les oreilles avec ça ont besoin de revoir leurs connaissances du jeu.

Un gars comme Scott Gomez est un fabricant de jeu, un patineur qui peut transporter la rondelle et alimenter un bon ailier. Avec Gionta et Darche, ça forme une bonne unité. Deux joueurs qui ont remporté un Coupe avec l’archétype du joueur-travailleur.

Mike Cammalleri semble avoir tranquillement retrouvé ses repères et sa touche au cours des derniers matchs, ça devrait aller de son côté. Plekanec ne sera pas nécessairement plus flamboyant que l’an dernier, mais fera sa petite affaire.

Bref, sur les deux premières lignes, c’est sensiblement la même chose. Là où l’édition 2011 peut dépasser celle de 2010, c’est au niveau du personnel de soutien. Halpern est supérieur à Metropolit. Lars Eller est plus talentueux que Dominic Moore. Desharnais pourrait faire produire Pouliot, sait-on jamais. On avait pas ça l’an dernier. On a encore un plombier de Séries en Moen.

J’en ai oublié un? Nop.
Je le gardais pour la fin.
AK46. Touchons du bois. Jamais je pourrais croire qu’il se serait déjà éteint, lui qui a semblé s’enflammer au cours des derniers matchs. Il joue gros, il joue bien. Le Kostitsyn v.2011, pensons-y attentivement, est meilleur que le Kostitsyn v.2010. Une série contre Boston en est une dans laquelle un joueur comme lui DOIT se mettre en valeur.

Bref, malgré les blessures de deux piliers à la défense, l’édition actuelle de la flanelle tricolore a un léger avantage sur celle de l’an passé. Souvenons nous simplement que l’équipe, la troupe de soldats en place s’est débrouillée sans au moins l’un des deux pratiquement toute la saison et sans les deux pendant la dernière moitié de celle-ci. Autrement dit, le Canadien a eu Markov et Gorges en même temps dans l’alignement que pendant 7 matchs et au total, les deux piliers ont disputé un total de 43 matchs.

LE CH EST-IL PRÊT?

Quels sont les clichés de fin de saison? «Qu’ossé ça prend» pour avoir un minimum de succès en Séries outre un bon groupe de «boys» qui doit élever son jeu d’un cran pour mettre plus de rondelles dans le but que son adversaire en dedans de 60 minutes?

On va en sortir cinq et devinez quoi, on peut mettre des petits crochets à côté des cinq.

1. Un bon gardien. check
Price est prêt. Il a montré qu’il sait performer sous la pression. Il n’a jamais laissé douter ses détracteurs qu’il lui manquait d’aplomb et de confiance cette saison.

2. De bonnes unités spéciales. check
Premier tiers de la LNH dans les deux cas. 7e en avantage comme en désavantage pour être plus précis. Une simple mesure pour évaluer de façon générale les unités spéciales d’une équipe est d’additionner celles-ci. Normalement, le seuil de respectabilité doit se situer autour de 100%. Pour le CH, ça nous donne 104,4%. À titre comparatif, la meilleure équipe selon cette mesure est Vancouver, à 109,9% et le Canadien se compare à Detroit (104,6%). Les Bruins, quant à eux, sont sous le seuil, à 98,8%…

3. Un système. check
Les joueurs le connaisse et l’ont adopté, l’ont acheté. Au cours des dernières semaines, particulièrement celle où l’équipe a été à plat pendant 3 matchs, certains ont triché et s’en sont écartés, ce qui a valu des critiques somme toute injustifiées envers l’entraîneur. Ce système est passé au travers de Washington et Pittsburgh l’an dernier. Ce système est extrêmement difficile à élucider quand le Canadien a l’avance.

4. De la résilience. check
La capacité de rebondir, de se relever. Le Canadien n’abandonnera pas. Pas en Séries. Que ce soit au cours d’un match ou d’une joute à l’autre, c’est une équipe qui carbure à l’émotion. À l’image de ses partisans, ça peut toutefois jouer contre lui, comme on l’a vu après sa surdose de «gros fun noir» à St. Paul, MN, où l’équipe s’est relâché complètement. Dans un 4 de 7, l’enjeu, donc l’émotion, prend les joueurs par les trippes soir après soir. Juste pour être sûr… on se comprend si je dit que l’adversité, le CH, c’est un peu comme 12 pouces, 5 dollars? On se l’est assez fait dire.

5. Une bonne équipe d’entraîneurs. check
Attardons-nous au duo M&M. Martin, le stratège et Muller, le papa. Monsieur Muller est le baromètre de monsieur Martin, ses yeux, ses oreilles, son bras qui donne des tape dans le dos. Par extension, Muller est l’empathie de Martin. Ça permet à monsieur Martin de se concentrer sur le plan stratégique, tout simplement. On greffe à ça Perry Pearn, qui a plusieurs années de services avec Jacques Martin et qui fait un bon boulot sur le plan technique.

Sinon, qu’est-ce que ça peut prendre?
Du momentum peut-être? On dit souvent d’une équipe qui entre en séries avec du momentum (ex. Buffalo en ce moment) peut causer des surprises et connaître bien du succès. Le momentum d’une bonne fin de saison régulière est peut-être un luxe, un plus, mais une nécessité? Souvenons nous de la séquence pénible des Flyers en fin de calendrier régulier l’an dernier. Souvenons-nous de leur parcours éliminatoire.

Même si le CH était fort de deux grosses rondes, il n’a pas pu vaincre avec une équipe qui venait de remonter un 0-3. Ce genre de remontée donne un momentum beaucoup plus significatif qu’un solide «final strech».

Donc, si on considère le fait que le CH a connu un dernier 5-6 matchs plutôt moyen, je ne crois pas qu’il faille s’en faire une base pour juger de sa capacité à trouver un momentum rapidement dans sa Série.

Bref, si tout va bien, tout se peut.
Écrivez cette phrase sur un carton qui servira de signet pour votre exemplaire du livre le Secret.

Sans farce, ce que ça veut dire, c’est qu’il est rationnellement normal et adéquat de croire en notre équipe. Ils est gros, ils est bon de l’autre côté, supposément bâti pour les Séries, mais surtout pas invincible. De plus, il n’est pas nécessaire d’espérer que les fils se touchent et que le chaos s’installe dans le camp d’en face pour l’emporter, ça pourrait se faire sans ça.

L’incident? La «morniffe» de 7-0 d’ensuite? Comment va-t-on avoir l’effronterie d’en écrire seulement que 5 lignes et demi à l’intérieur d’un aussi long billet sur cette série?

Comme ça : c’est un impondérable, non? Ça peut aller d’un côté comme de l’autre, non? Ça pourrait même être un non-facteur. Pour l’ours, ça en sera pas un. Pour le CHasseur, ça peut être une source d’intimidation OU de motivation, mais il me semble qu’il y en a une autre bien plus éloquente, flagrante que ça : c’est une compétition, on veut gagner, batinsse. C’est sensé suffir à se motiver.

Gagne ou perd, ce sera forcément émotif face à Boston, donc délicieux, pour les amateurs. Je ne vois pas une série en-deça des 6 matchs, ce qui nous donne pas loin de 2 semaines de plaisir!

D’ailleurs, et ça servira de conclusion, qu’il est bon pour l’amateur de hockey de la LNH de se retrouver en première ronde des Séries, où on a droit à deux matchs par soir sur CBC…

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